NOTRE ÉQUIPE

Helen, à gauche, éducatrice 7-14 ans
et Prescilia, à droite, éducatrice 3-6 ans.

Precilia : « Mon parcours n’a rien de linéaire, et pourtant, chaque étape m’a conduite exactement là où je devais être : auprès des enfants, dans un environnement qui respecte leur rythme, leur essence et leur lumière intérieure.
Après un BTS Gestion en alternance dans le domaine de l’automobile, j’ai très vite pris conscience que je n’étais pas au bon endroit. Je travaillais, mais je ne vibrais pas. Je me levais le matin sans joie, portais un costume qui n’était pas le mien, et je sentais au fond de moi que quelque chose ne résonnait pas. Cette sensation d’inadéquation est devenue impossible à ignorer. J’ai compris que persévérer dans cette voie serait une trahison envers moi-même, alors j’ai pris une décision courageuse : j’ai démissionné, sans savoir exactement ce qui m’attendait, mais convaincue d’une chose — je ne voulais plus avancer à contre-courant de mon propre cœur. Les expériences professionnelles difficiles que j’ai traversées ensuite ont été de véritables enseignantes. Elles m’ont amenée à m’intéresser à la psychologie humaine, à la manière dont les êtres se construisent, se blessent, se relèvent. Ce nouveau regard m’a naturellement conduite à m’intéresser à la psychologie de l’enfant, cet âge où tout s’ancre, où se tissent les premières perceptions du monde.
Un jour, j’ai ouvert un ouvrage de Maria Montessori, et tout a changé. Ce n’était pas une simple lecture : c’était une rencontre, une évidence. J’ai ressenti une profonde résonance intérieure, presque spirituelle. J’ai compris que mon chemin se situait là, dans cette approche qui place l’enfant au centre, qui le considère dans toute sa dignité et sa grandeur. Ce fut comme une voix intérieure qui murmurait : « C’est ici que tu dois être. C’est cela ta mission. » Animée par cet appel, j’ai décidé de me former différemment et d’écouter cette intuition qui me guidait avec une justesse que je ne pouvais plus nier. Je souhaitais accompagner les enfants de 2–3 ans, au moment où l’autonomie se révèle, où la curiosité explose, où la construction intérieure est si intense et silencieuse. C’est ainsi que j’ai intégré une école Montessori dans le 86 en service civique. Cette année fut une immersion profonde : j’y ai découvert la vie d’un espace collectif, la richesse des échanges avec les équipes, l’importance de l’observation et de la posture. Cela a été une première initiation à un autre rythme, une autre manière d’être avec les enfants. À la fin de mon service civique, j’ai eu l’immense chance de devenir assistante Montessori dans la classe des 3–6 ans. Et surtout, j’ai rencontré une éducatrice exceptionnelle. Une femme qui a été bien plus qu’une collègue : une mentor, un modèle, un repère. Elle m’a transmis son savoir avec une générosité rare, elle m’a formée, accompagnée, encouragée. Elle a cru en moi avant même que je n’aie conscience de tout ce que je pouvais offrir. Les après-midis, elle me confiait les plus jeunes et me laissait tenir la classe. Cette confiance là m’a construite. Ce qu’elle m’a transmis ne se limite pas à la pédagogie : c’est une posture, une manière d’incarner la présence, l’écoute, la douceur, la fermeté juste. Une manière de regarder l’enfant qui transforme. Je ne pourrai jamais assez la remercier. Une part de la professionnelle que je suis aujourd’hui vient de ce qu’elle a semé.
Parallèlement, j’assurais aussi les temps périscolaires, ce qui m’a permis d’élargir mon regard auprès des plus grands : leurs besoins de reconnaissance, leurs conflits, leurs relations, leur façon d’exprimer ce qu’ils n’arrivent pas toujours à dire. Cela m’a donné une compréhension plus fine du développement global de l’enfant, et de ce que signifie vraiment accompagner un être humain dans toute sa complexité.
L’école était agréée par l’Association Montessori Internationale, et j’ai pu y passer mon diplôme d’assistante Montessori. Mais j’avais soif de comprendre encore mieux, de grandir, de me perfectionner. Je me suis donc formée auprès de Papachapito, et c’est là que j’ai fait une rencontre déterminante : Anaïs, ainsi que le projet de l’école GEPT. Ce fut une révélation. Une école Montessori authentique, fidèle à l’esprit d’origine, portée par une vision profondément humaine et alignée. Je me suis reconnue dans cette école avant même de savoir si un poste pourrait s’y ouvrir un jour. À l’époque, ce n’était pas le cas. Mais je sentais que ce lieu avait quelque chose à voir avec mon chemin.
Et la vie, encore une fois, a bien fait les choses : quelques mois plus tard, début juin, une offre est apparue. Presque au dernier moment, comme un clin d’œil de l’univers. J’ai postulé immédiatement. L’entretien s’est déroulé et lorsque la réponse positive est arrivée, je n’ai pas hésité une seconde : j’ai démissionné de mon CDI, sans regarder en arrière. Quand un chemin est juste, il n’y a plus de place pour le doute.

Aujourd’hui, je suis profondément heureuse et honorée de faire partie de l’équipe. Et ce bonheur est d’autant plus grand que je travaille aux côtés de ma binôme, Helen. Travailler avec elle est une évidence : nos valeurs, nos visions et nos intuitions se rejoignent. Nous nous comprenons rapidement, naturellement, sans effort. Tout est fluide, simple et sincère. Cette complicité rend chaque journée plus douce et plus lumineuse, et renforce la cohérence que nous offrons aux enfants. Mais je tiens aussi à souligner la place qu’occupent Anaïs et Aurélie dans mon quotidien professionnel. Avec elles, la communication est vraie, transparente, bienveillante. Leur sincérité crée un climat où chacun peut exprimer ses idées, ses ressentis, ses questions. Je me sens écoutée, considérée, respectée. Le travail d’équipe n’est pas un concept : c’est une réalité vivante, un pilier qui rend ce lieu si particulier. Savoir que je peux compter sur leur présence, leur écoute et leur ouverture renforce mon engagement et ma confiance. Cela crée un environnement de travail profondément humain, où l’on se sent porté autant que l’on porte les autres.
Mon travail auprès des enfants n’est pas seulement une profession : c’est une mission de vie, un chemin intérieur autant qu’extérieur. Je crois profondément que chaque enfant porte une lumière unique. Je crois en la pédagogie qui les respecte. Je crois en la force de l’observation, en la magie du silence, en la transformation que permettent la confiance et la liberté. Je crois aussi que l’enfant est un guide, un maître de simplicité et de vérité. Mon approche est nourrie autant par la pédagogie Montessori que par ma dimension spirituelle : l’écoute de l’intuition, le respect de l’énergie de chacun, l’accueil des émotions, la compréhension du non-verbal, la conviction que chaque enfant arrive avec son histoire, son rythme, son essence. Accompagner un enfant, pour moi, c’est l’aider à devenir pleinement lui-même.
Et c’est exactement ce que je souhaite faire ici, au sein de cette école.

Helen : « Mon histoire, comment la dire… La dire en insistant sur l’être et non sur le faire …
Dans ma jeunesse, autour de mes quinze ou seize ans, je sentais déjà que quelque chose sonnait faux. Un système qui me semblait mettre les têtes à l’envers, qui ne laissait pas de place à ce que j’étais. À l’école, je ne me sentais ni entendue ni comprise. On ne me regardait pas à ma juste valeur.
Puis un lieu m’a trouvée.
Mon centre équestre.
Là, pour la première fois, j’ai senti que j’existais vraiment. On m’a choisie, reconnue, on avait confiance en mon potentiel !
On m’a confié des responsabilités, des vraies, celles d’un adulte ! On m’a fait confiance. Je suis devenue monitrice auprès des plus jeunes, des enfants de deux à dix ans. Je me levais sans peine pour travailler le dimanche matin, j’étais là sur chaque temps libre… Impossible d’envisager ce fonctionnement aujourd’hui. J’avais pourtant un travail à 16 ans (je montais à cheval indéfiniment en échange). J’y ai déployé une pédagogie instinctive, presque évidente : écouter l’enfant, le laisser vivre, expérimenter, jouer. Apprendre en faisant, apprendre en étant. Ces années-là ont profondément façonné la personne que je suis aujourd’hui. À 18 ans, pendant que je préparais mon bac, je passais mon énergie à préparer mon BAP (Brevet d’Animateur Poney, mon premier diplôme 😉). J’ai alors découvert la pédagogie par le jeu, une révélation !
Naturellement, le chemin m’a menée vers l’animation. Le BAFA, puis le BPJEPS, en alternance. Durant cette période, j’étais éducatrice dans un lieu de vie accueillant des jeunes de douze à vingt-et-un ans. Avec eux, j’ai marché sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, traversé l’Irlande à moto, vécu mille expériences humaines. Et à chaque étape, une certitude grandissait : j’étais exactement là où je devais être.
Puis, une fois diplômée, j’ai été recrutée pour être directrice de l’association Cavale au Loup-Garou. Nous y accueillions des enfants de l’Aide sociale à l’enfance, mais aussi des classes de découverte. Un autre rapport au temps, à l’apprentissage, à la pédagogie. Un espace loin des cadres figés, où l’on pouvait respirer autrement, en utilisant mille outils qui permettaient de grandir différemment (la nature, la ferme, l’équitation, le patrimoine, le théâtre…).
Puis l’élan d’apprendre encore. Aller plus loin. Creuser la pédagogie. Je me suis formée avec les CEMEA, et j’y ai obtenu un diplôme d’État. Ce fut une nouvelle porte ouverte. J’ai ensuite accepté un poste de responsable de secteur « coordinatrice petite enfance, enfance, jeunesse » dans une collectivité.
Cette expérience m’a appris la gestion, la responsabilité, mais surtout la portée immense de ce que l’on peut créer avec de l’argent public, quand il est mis au service du vivant et de l’humain.
C’est à cette période que j’ai rencontré Anaïs Birot (co-fondatrice de l’école Graines d’extra petits terrestres). Une rencontre fondatrice. Nous y avons notamment ouvert un lieu d’accueil enfants-parents, concept de Dolto. Une révolution intérieure. Une bascule professionnelle. Là, j’ai appris à ne plus faire, ne plus animer, ne plus diriger. Apprendre à être. Observer. Accueillir. L’enfant. Sa famille. Leur histoire. Sans jugement. Juste être là.

La cohérence de tout mon parcours tient en un mot : bienveillance.
Bienveillance envers l’enfant.
Envers l’autre.
Envers l’humain que l’on accompagne.
Militer pour une posture horizontale. Se sentir l’égal de l’autre. L’égal de la nature, de l’animal, de l’enfant, du parent.
Tout au long de mon chemin, j’ai transmis, expérimenté, formé. Notamment grâce à une formation solide en communication non violente, que j’ai eu à cœur de partager avec mes collègues, quel que soit le lieu professionnel où j’étais…
Juste avant l’ouverture de l’école, le site du Loup-Garou m’a rappelée pour occuper le poste de directrice pédagogique. En parallèle, avec Anaïs, nous faisions grandir le projet de créer cette école Graine d’Extra Petit Terrestre.
Il a fallu apprendre encore. La pédagogie Montessori, bien sûr : là encore, cette formation a été une révélation… Je suis au bon endroit. J’ai longtemps cherché, puis j’ai trouvé. C’est ma place.
L’ouverture de cette école n’a pas été simple, une tornade dans ma vie…
Ensemble, nous avons tâtonné, douté, expérimenté, nous nous sommes remises en question, accepté d’être accompagnées. Et dans ce chemin, la présence précieuse d’Émilie Michel, marraine de notre association, nous guide depuis le début. Sa vision extérieure, douce et juste, est un véritable trésor pour notre quotidien.
Nous avons traversé des tempêtes. Le chaos parfois. Des remises en question profondes. Mais aussi des choix forts, porteurs, nécessaires.
Aujourd’hui, aux côtés de Prescillia, d’Anaïs et d’Aurélie, nous avançons solides. Solides de nos expériences. De notre passé. De tout ce que l’enfant nous a appris, et continue de nous apprendre. Nous savons que le chemin est encore long, et c’est ce qui le rend vivant.
Longue vie à Graine d’Extra Petit Terrestre.
Chaque jour, nous vivons des moments de joie, d’amour, de simplicité, de travail et de remise en question. Chaque matin, en nous levant, nous savons pourquoi nous sommes là. À notre juste place. Ce que nous vivons n’est pas un travail : c’est une manière d’être au monde. Une vie choisie, jamais subie.
Et chaque jour, les petits terrestres nous apprennent encore.
Dans le silence, dans l’ordre, dans le travail, dans le lien.
C’est un échange d’amour.
Et, à leur contact, nous grandissons, un peu plus, ensemble. »
Aurélie, co-présidente de l’association Graines d’Extra Petits Terrestres. Elle travaille au Loup-Garou depuis de nombreuses années comme animatrice nature et est devenue en 2019, coordinatrice du pôle animation.
Elle a aussi pour projet de créer une micro-crèche sur le site du Loup-Garou.
Elle est formée sur le 1er niveau Montessori (également avec PAPACHAPITO).

Justine, trésorière du bureau de l’association Graines d’Extra Petits Terrestres. Diplômée Éducatrice de Jeunes Enfants et formée dans l’institut Papachapito à la pédagogie Montessori. Elle est référente de le classe 3-6 ans au sein de l’école Montessori By The Sea de La Rochelle.


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